Décidemment, le bureau du Syndicat National des
Journalistes de l'Est Républicain ( Premier syndicat de journalistes) fait montre d'une certaine éthique et de certaines critiques
.
Parmi les graves manquements des responsables la rédaction, le syndicat de journalistes parlent de manière parfaitement inadmissible.
En ce qui me concerne, je salue le professionnalisme de ces syndicalistes, dévoués à leur métier, et qui, vu ce qui suit, semble assez exaspérer sur la façon dont a été monté l'affaire Dray par
ce journal, qui n'est pas "comptable des dépenses de la Famille Dray". Le syndicat n’hésite pas à dénoncer que jamais le journal n’est allé aussi loin dans les atteintes aux personnes et aux
principes, et de rappeler à une période sombre de notre Histoire où la délation était monnaie courante, pour d’ailleurs s’interpeller sur le fait que certains noms aient été masqués et d’autres
pas.
Il n’y a pas deux poids deux mesures : La rédaction de l’Est Républicain, par un
procédé fallacieux et sournois, a voulu se payer la tête de Julien Dray, Député Socialiste. C’est l’évidence même. Mais alors s’ouvre deux questions : Pour qui et pourquoi. L’avenir nous
le dira…
Il est purement scandaleux est dommageable à l'image de la presse entière que cette rédaction se soient permis de dévoiler un rapport supposé confidentiel, de conclure sur les poursuites
éventuelles alors que même Julien Dray, toujours non mis en cause dans ce dossier, n'a pas eu communication des pièces. Pièces qui dévoileront d'ailleurs l'identité des personnes citées dans le
rapport, mais aussi leur domicile, etc.. avec tous les risques évidents que le journal s'est permis de faire courir en terme de sécurité des biens et des personnes, à eux, mais aussi à leurs
proches.
Mais ce n'est pas tout, le complot médiatique continue... Mais la suite, ça va venir, quelques heures encore...Car même s'il est maintenant évident au point que cela crève les yeux : tout ceci
ne s'est pas déclenché tout seul, cette frénesie médiatique sans précédent laisse dubitatif : Comment des professionnels de l'information arrivent à faire tant de désinformations,
d'acharnements...
On a rarement vu tous les codes (respect de la vie privée, de la présomption d'innoncence, du secret professionnel) bafouées avec une violence inédite.
Un enfant de quatre ans se rendrait compte que tout est mis en oeuvre pour qu'il n'y ait pas de judiciarisation de l'affaire Dray, mais que cela se passe par média interposés qui tour à tour se
permettent tel l'Est Républicain d'exploser toutes les régles, ou telle la presse "people" de se comporter en bonnes hyènes charognardes de la dernière info croustillante, volée ou transformée,
au détour d'une conversation...
Alors, à force, depuis quelques semaines, ils ont atteint le degré zéro de la communication.
Affaire Dray, classée ? A qui le tour .....
Hervé Nowak
Jugez par vous mêmes :
Voici le texte que le SNJ a transmis au PDG de L’Est Républicain à propos de l’affaire
Julien Dray.
Syndicat National des Journalistes de L’Est Républicain
Nancy, le 21 janvier 2009.
Monsieur le Président,
Lors des vœux au personnel, le 10 janvier, à l’occasion de la remise des médailles du
travail vous avez souhaité que L’Est Républicain « continue à marquer sa différence avec un souci de qualité et un contenu rédactionnel toujours sérieux et honnête ». A plusieurs
reprises ces derniers mois nous vous avons alerté à propos de graves manquements sur le traitement des faits divers et des affaires judiciaires.
Ce mercredi 14 janvier une nouvelle étape a été franchie. Notre journal a consacré à
« l’affaire Julien Dray » sa Une, un éditorial, une page complète de sa version papier mais également un dossier complet sur le site internet rendant public l’intégralité d’un rapport
du ministère des finances qui a été transmis au parquet de Paris.
Violation délibérée du principe de la présomption d’innocence, atteinte à la vie
privée, mise en cause de tiers sans relation avec la cause, non respect des règles définies dans la charte des faits divers actuellement en vigueur à L’Est Républicain : jamais dans
l’histoire de notre journal nous n’avons été aussi loin dans l’atteinte aux personnes et aux principes.
Une mise en scène outrancière
La Une du 14 janvier présente comme « exclusif » le fait de
« révéler des dépenses somptuaires présumées » du député Julien Dray, en s’appuyant exclusivement sur un rapport d’enquêteurs Tracfin de Bercy qui n’a aucun caractère contradictoire.
Ce rapport a seulement été transmis au parquet. Ni Julien Dray, ni les autres personnes citées dans ce rapport n’ont fait l’objet d’une mise en examen et n’ont même été convoquées par la police
ou par un juge pour s’expliquer. Notre journal titre « les folles dépenses de Julien Dray », comme si nous étions comptables du train de vie du couple Dray et de l’utilisation qu’il
fait de son argent.
Il est également mentionné en légende de la photo que nous avons contacté
Julien Dray depuis trois semaines afin qu’il s’explique. Comme s’il appartenait à la presse de contraindre telle ou telle personne à répondre aux accusations formulées à son encontre par voie
de presse.
Dans cette même page Une, l’éditorial, signé par Rémi Godeau rédacteur en chef indique que ces éléments « émanant d’un service des finances réputé, sont assez étayés pour ne
pas relever d’insinuations aussi floues qu’ambiguës ». L’éditorialiste ajoute que des informations « dépassent la vie privée » et que « sans présager de la suite qui leur
sera donnée, elles posent à tout le moins des questions d’ordre fiscal. Pénal éventuellement. Politique et moral, assurément ». Ainsi, sans même attendre l’issue d’une enquête judiciaire,
le rédacteur en chef de L’Est Républicain est-il en droit de dire que les agissements de telle personne sont susceptibles de redressements fiscaux, voire de poursuites pénales. Dans ce même
éditorial, le rédacteur en chef précise qu’il ne s’agit pas de « donner dans le procès à charge », alors même que le principal intéressé n’a pas accès officiellement aux pièces que
nous publions. Enfin, Rémi Godeau se réfère à un « devoir d’informer », non défini par un texte. Ainsi, ce point de vue l’emporterait sur le droit qui protège tous les
citoyens.
La page spéciale du même numéro consacre les trois quarts de son contenu à
détailler les éléments à charge contenus dans le rapport Tracfin. Il est indiqué en accroche : « Un mois après avoir été inquiété par la justice, (Julien Dray) va devoir s’expliquer
sur des flux financiers suspects » alors que le député de l’Essonne n’a pas eu affaire à la justice et qu’aucune convocation ne lui a été signifiée. Dans cette même page, la part consacrée
au « tempo de la défense » ne représente qu’un petit deux colonnes de bas de page : l’équilibre et l’équité ne sont pas respectés.
Les dispositions de la charte sur le traitement des faits divers et des
affaires judiciaires à L’Est Républicain sont totalement ignorées. Elles préconisent, y compris pour les personnalités publiques avant une mise en cause judiciaire effective, des précautions
qui n’ont pas été respectées.
La présentation générale de ce « dossier » suscite le voyeurisme
et attise la jalousie, comme en témoignent les lettres d’internautes publiées le lendemain. Elle rappelle les pratiques d’une époque sombre de l’histoire où la délation était encouragée.
Des noms de tiers livrés en pâture
A côté de la version papier, l’exploitation de l’affaire sur internet pose des
problèmes déontologiques encore plus graves.
Dans un « avertissement » aux lecteurs il est indiqué que
« M. Julien Dray, député de l’Essonne, est suspecté d’abus de confiance, de recel et de blanchiment », alors que cet élu ne fait l’objet d’aucune convocation judiciaire au moment
de la publication.
Cet avertissement affirme de manière totalement hypocrite : « Par
égard pour la présomption d’innocence et soucieux d’éviter toute éventualité diffamante, nous avons biffé le nom d’un certain nombre de personnes physiques citées dans le dosser (...) de même
nous avons gommé les références aux numéros des comptes bancaires des personnes concernées ».
Ce préambule est signé « La rédaction de L’Est Républicain », ce
qui engage l’ensemble des journalistes de notre quotidien, alors qu’il s’agit d’une initiative prise par un ou des cadres de la rédaction.
Il s’avère que les 36 pages de ce rapport comportent en clair les noms de
nombreuses personnes physiques dont le seul « tort » est de figurer sur les listings bancaires de Julien Dray et des associations qui sont visées par l’enquête préliminaire. Ces noms
de tiers (une trentaine) sont ainsi livrés en pâture à l’opinion publique sans qu’à aucun moment les auteurs de la mise en ligne n’aient mesuré l’impact sur leur vie privée.
Par recoupement et assemblage, les lecteurs de ce rapport peuvent accéder à
des adresses, des professions, reconstituer des couples, établir des parentés, savoir où et quand tels ou tels achats ont été réalisés, voire même dans un cas lire un numéro de compte.
Certains noms ont été biffés et d’autres pas. Sur quels
critères ?
Cette publication sur internet ne s’accompagne d’aucun enrichissement
journalistique. Le document livré brut n’est ni analysé ni remis dans un contexte. Les personnalités (présidents ou responsables d’association sans mandat électifs) n’ont bien évidemment pas
été prévenues de la publication de ce texte ni contactées pour y réagir dans nos colonnes. A aucun moment, les responsables de la rédaction n’ont expliqué quels étaient les éléments nouveaux
que notre journal portait à la connaissance du public.
Nous estimons aujourd’hui qu’il vous appartient en tant que directeur de la publication
de rappeler les principes qui fondent l’identité de notre titre.
Le bureau du Syndicat national des journalistes de L’Est Républicain
Voici la dépêche parue ce jour, vendredi 23 janvier, à propos du traitement de
« l’affaire Dray » par L’Est Républicain. De son côté, le SNJ vient de saisir le Président directeur général, Gérard Lignac, sur la manière parfaitement inadmissible, dont les
« responsables » de la rédaction ont traité ce dossier, sans aucune retenue et sans respecter les textes déontologiques et les usages en vigueur dans notre journal.
PARIS - Le procureur de Paris, Jean-Claude Marin, a jugé vendredi sur RTL
« scandaleu(ses) » et « inadmissibles » les fuites dans la presse du rapport de la cellule antiblanchiment de Bercy, Tracfin, sur Julien Dray, le député PS visé par une
enquête préliminaire pour abus de confiance. « C’est pire qu’un échec, c’est un scandale », a affirmé M. Marin. « A partir du moment où on publie un document entier en
laissant figurer, sans les occulter, les adresses personnelles des personnes en cause, je trouve que c’est inadmissible dans notre démocratie et notre état de droit ». L’intégralité du
rapport de Tracfin, sur lequel s’appuie l’enquête préliminaire, a été mise en ligne sur le site internet de L’Est républicain. Cette publication a conduit le procureur à demander la protection
de Julien Dray, a assuré M. Marin. Ces éléments ont été « jetés en pâture sans prendre la distance nécessaire et notamment sans respecter un principe fondamental de notre justice qui
est la présomption d’innocence », a ajouté Jean-Claude Marin. Le parquet de Paris a ouvert le 10 décembre une enquête préliminaire pour abus de confiance, visant notamment Julien Dray,
dont les comptes bancaires présentent selon Tracfin des mouvements de fonds suspects. Dans le cadre de cette procédure judiciaire, ses avocats n’ont pas accès au dossier. « Nous avons une
violation d’un secret par une des personnes qui y était tenu, qu’il s’agisse des enquêteurs de Tracfin ou qu’il s’agisse de magistrats du parquet ou d’enquêteurs de police ou d’autres
cercles », a convenu le procureur, précisant qu’une enquête pour violation du secret de l’enquête avait été ouverte. « A partir du moment où une loi est bafouée à ce point, se pose la
question (de savoir) s’il faut changer les comportements ou la loi », s’est toutefois interrogé Jean-Claude Marin. mra/il/phi AFP 230939 JAN 09
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